Ici, on ne fait pas de la sociologie de salon. Ce sont des voix brutes, des fragments de vie et des colères froides. Que ce soit sur le climat en France, le choc du 7 octobre ou le poids du silence, ces témoignages forment les archives vivantes d'une génération qui a décidé de ne plus baisser la tête.
Un chiffre ne dit rien d'un dimanche soir où l'on décroche la mezouza avant l'arrivée d'un plombier. Une statistique sur l'antisémitisme ne raconte pas la seconde d'hésitation avant de donner son nom de famille au téléphone. Les rapports comptent les faits ; ils ne gardent pas les voix. ROOTS garde les voix. Ce fonds existe pour cette raison précise : ce que vivent les Juifs francophones se joue dans des détails que personne n'archive, et qui disparaissent avec ceux qui les ont vécus.
La méthode est simple et elle ne bouge pas. Chaque récit arrive par un formulaire ou par un appel à témoignages. La rédaction écrit à la personne, pose des questions, vérifie ce qui peut l'être — une date, un lieu, un nom d'école, une décision de justice. Ce qui ne peut pas être vérifié est présenté comme ce qu'il est : un souvenir, avec ses trous. Rien n'est réécrit pour faire joli, rien n'est ajouté pour faire pleurer. Un témoignage qui contredit la ligne du média est publié comme les autres, parce qu'une archive qui ne garde que ce qui arrange n'est plus une archive.
Ces récits couvrent trois territoires. La France d'abord, celle des lycées, des bureaux, des groupes WhatsApp de parents, celle où l'on apprend à mesurer ses phrases. Israël ensuite, avant et après le 7 octobre 2023, avec les départs, les retours, les réservistes et ceux qui n'y sont jamais allés. Les origines enfin : Alger, Tunis, Casablanca, Téhéran, Varsovie, Salonique — des familles parties vite, qui ont peu raconté, et dont les petits-enfants reconstituent l'histoire à partir de trois photos et d'une recette. Ces trois territoires forment une seule mémoire, et cette mémoire n'a pas de lieu de dépôt public.
Ce que nous cherchons n'est pas l'émotion. C'est la précision. Une marque de cigarettes, un prénom d'ami, une chanson qui passait, l'heure exacte d'un coup de fil. C'est cette matière-là qui rend un témoignage citable dans dix ans, par un historien, un professeur, un journaliste — ou par la génération suivante, qui voudra savoir comment c'était, vraiment, et à qui personne n'aura menti.
Utilisez le formulaire en bas de la page /temoignages, ou choisissez d'abord un appel à témoignages puis répondez à sa question. Le texte peut être écrit ou dicté. Les champs personnels sont facultatifs ; seule une adresse de contact est utile, pour que la rédaction puisse vous écrire avant toute publication.
Oui. Vous pouvez demander la publication sous prénom modifié, sous initiales, ou sans aucun élément d'identification. ROOTS conserve le contact de manière confidentielle pour vérifier le récit, mais ne publie jamais un nom, une ville ou une photo sans accord explicite.